Le sucre, cette douce drogue

Chères lectrices, chers lecteurs.

Aujourd’hui je vous parle d’un mal grandissant, d’une épidémie dont les industries alimentaire sont, pour beaucoup selon moi, responsable : l’obésité.

On peut d’entrée de jeu établir un fait qu’on ne peut plus contester : le sucre est une drogue. Alors oui, ce qu’on appelle drogue d’habitude ce sont la cocaïne, le cannabis, le crack, l’héroïne, la morphine, l’ecstasy, et j’en passe. Le mot « drogue » est un mot péjoratif et qui fait peur: « la drogue, c’est mal ». Alors dire que le sucre serait une drogue c’est quand même un peu fou. C’est vrai, le sucre on en met de partout, dans le café, le thé, les gâteaux… « Le sucre c’est bon et ça fait du bien », qu’on nous apprend. Mais si on parle de drogue pour le sucre, c’est parce qu’il a été scientifiquement prouvé que le cerveau réagit au sucre tout comme il réagit à la cocaïne ou à l’héroïne. Quand on consomme du sucre, les même endroits du cerveau s’activent que quand on consomme de la cocaïne

« Des chercheurs de l’Université de de Princeton, on a pu constater que les rats changent de comportement alimentaire quand ils boivent de l’eau sucrée.

Selon une étude récentes, 43 rats de laboratoire ayant une dépendance à la cocaïne ont eu le choix entre de la cocaïne ou de l’eau sucrée pendant 15 jours. 40 sur 43 ont optés pour le sucre.

Dans une autre étude, les rats ayant bu l’eau sucrée on montré des signes avant-coureurs d’addiction, de boulimie, de dépendance et de sevrage lorsque le sucre leur a été retiré. La dépendance est réelle. Ça n’a rien d’une métaphore. C’est un phénomène biologique. Les études montrent que le cerveau réagit au sucre tout comme il réagit à la cocaïne ou à l’héroïne. En fait, le sucre est 8 fois plus addictif que la cocaïne. Donc, si on habitue un enfant à des taux de sucre élevés dès son plus jeune âge, dans ses aliments, il développera une dépendance. »

Etant donné qu’il est dans mes habitudes de vérifier ce que j’apprends, surtout si c’est possible, j’ai décidé de me passer de sucre. Comme ça, ce que je vous dis ne se base pas que sur un documentaire, mais aussi sur ma propre expérience. Vous pouvez vous aussi faire le test.

Alors voilà « mon histoire ». Disons le tout de suite, je raffole de pâtisseries, de viennoiseries, de ketchup, de cookies, de brownies, de chocolat, de chantilly, de crêpes au chocolat, de pancakes au chocolat et de gaufre au chocolat. OUI J’AVOUE TOUT! Après avoir visionné ce reportage, j’ai réfléchi à mon comportement. Et j’ai réalisé que j’étais souvent très énervé quand je n’avais pas eu ce que je voulais. Quand je voulais acheté un muffin mais que je n’avais pas de sous, quand je voulais un brownie et que la boulangerie était fermé, quand je voulais une crêpe et que j’en avais pas. J’étais vraiment, vraiment très agacé et énervé. Je pouvais tirer la gueule un bon moment. Et je gardais cette envie jusqu’à ce que j’ai eu ce que je voulais (bon sang!). Quand je buvais du Ice Tea, du Oasis, … je pouvais descendre la bouteille à moi seule en très peu de temps si je ne me retenais pas. Bref, de la pur folie. Alors je me suis dis que j’allais arrêter le sucre pour me tester, pour voir si j’étais vraiment accro. Les premiers temps où je me sevrais du sucre, ma femme a acheté une glace chez Azzuro (le meilleurs glacier de Nice) et j’étais là « purée pourquoi j’ai décidé de faire ce test, quels sont mes raisons déjà ? Est-ce que si je craque maintenant ça veut dire que je ne suis pas capable de me passer de sucre ? Bon tout compte fait je suis peut-être accro… » Vous l’aurez compris, ce fut dur. Je devais vérifier tout ce que j’achetais : sauce tomate, pâte, smoothie…. là où il y avait du sucre ajouter, je ne prenais pas. Du coup les placards se sont très rapidement vidé. Je ne mangeais plus que des fruits, des légumes et des féculents (riz, pâte, etc…). Encore aujourd’hui, chez nous il n’y a plus de galettes, de brownies, de cookies, etc… Alors qu’avant il y avait souvent un paquet de gâteau (oui « souvent » parce que sinon je le finissais trop rapidement). 

Bref, ce fut une expérience très interessante, et je confirme, le sucre c’est bien de la drogue. Par ailleurs, j’en profite pour précisé que le sucre blanc raffiné ou sucre de table, c’est vraiment catastrophique pour notre corps. Nous n’en avons aucunement besoin. Le sucre dont notre organisme a besoin on le trouve déjà dans les fruits, etc. Le sucre raffiné est mauvais pour la santé. Le sucre dans le Nutella, dans les galettes pour enfants, dans les confitures, dans les compotes, est mauvais et néfaste pour le corps. Vous savez quoi ? Vous arrêtez le sucre, vous mincissez. J’ai déjà parlé de l’obésité de ma femme. A un moment elle m’a rejoint dans ma cure de sucre, mais devinez quoi ? Elle a perdu 4 ou 5 kg. Juste en arrêtant le sucre. Pas plus de sport, pas de régime bidon. 

Selon le docteur David KESSLER, ancien commissaire de la FDA (Food and drug administration):

« La nourriture transformée est bien plus dangereuse qu’on ne l’imagine. Pendant des décennies, la science nous a montré que les drogues pouvaient endommager les circuits neuronaux, et créer une forme de dépendance. La science a désormais prouvé qu’on peut fabriquer des aliments extrêmement goûteux qui créent, eux aussi, une forme de dépendance.

Fed Up, également disponible sur Netflix.

Je vous met quelques passages important du documentaire de Cash Investigation d’Elise Lucet, Sucre : comment l’industrie vous rend accrosJe vous conseille vivement de le regarder, ainsi vous pourrez vous rendre compte par vous même de la manipulation dont nous sommes victimes par les géants de l’industrie agroalimentaire.

Dr Serge Ahmed (chercheur au CNRS): « L’animal a le choix entre boire de l’eau sucrée et avoir une infusion intraveineuse de cocaïne directement dans la circulation sanguine. Ces rats déjà accro à la cocaïne, préfèrent boire du sucre (sur 120 : 80 à 90 rats préfèrent consommer de l’eau sucré). Le sucre serait aussi addictif que la cocaïne. Le sucre stimule les neurones de la récompense et de la motivation. Chaque prise de sucre libère de la dopamine, c’est aussi ce qu’il se produit quand on prend de la drogue. »

Les enfants en mangent en moyenne 100g par jour, l’équivalent d’une vingtaine de petit carré de sucre.

« Notre attitude actuel vis à vis du sucre rappel l’attitude que nous avions vis à vis du tabac au début des années 60. A l’époque personne ne parlait d’addiction au tabac, on ne considérait pas la nicotine comme addictif mais n’empêche il y avait des millions de personnes qui étaient dépendantes au tabac avec toutes les conséquences que l’on sait au cours des cinquante dernières années. »

En France l’obésité touche près de 19% de la population, deux fois plus qu’en l’an 2000 et les victimes sont de plus en plus jeunes.

Il faut que l’on modifie nos habitudes de vie si on veut arrêtait cette épidémie silencieuse.

Dans les pays riches, les pauvres ne souffrent pas de malnutrition mais plutôt de malbouffe. Trop de gras, trop de sucre, trop souvent. C’est une manipulation très habile. Ils font tout leur possible pour que vous achetiez le plus possible.

Dr . Philip James, professeur en médecine, Association internationale d’études de l’obésité :

« Dans le temps, on mettait du sucre dans le thé ou le café. Sinon c’était pour les gâteaux. Mais après la guerre les industriels ont compris qu’il pouvait fabriquer des friandises à consommer entre les repas. […] Ils se sont rendu compte que les gens aimaient le sucré. S’ils mettaient des matières grasses et du sucre ensemble, c’était l’idéal. Avec une pincée de sel : c’était la recette explosive qui plairait au palet de chaque consommateurs et qui allumerait, on le sait aujourd’hui, la zone du plaisir dans le cerveau ».

On consomme chaque année 1 500 000 tonnes de sucre en France dont plus de la moitié dans les produits transformées et pas seulement dans les bonbons : dans les plats préparés, les sodas… C’est comme ça que l’industrie nous a rendu accro.

En 1990, le Pr James est directeur technique en charge de la nutrition à l’OMS. C’est à lui que l’OMS demande de fixer les seuils minimum et maximum pour les différentes catégorie d’aliment. Ce qu’il écrit dans son rapport (Diet, nutrition an the prevention of chronic diseases) ne plaît pas à tout le monde : « ça a été une révolution, c’était de la dynamite parce que j’écrivais qu’on n’avait pas besoin de sucre du tout (le sucre ajouté) ». En 2003, il établit un lien entre obésité et consommation de sucre.

«On s’est rendu compte que si vous ajoutez du sucre dans la nourriture votre cerveau a du mal à compter les calories que votre corps avale, et c’est là que vous grossissez. Dans ce rapport on avait la preuve concluante pour dire que [le sucre] n’était pas seulement un problème pour les dents mais que c’était aussi un problème pour l’obésité. »

Ce phénomène, les scientifiques ont encore du mal à l’expliquer. Mais ils savent maintenant que notre corps a du mal à dire stop quand il a assez de calorie, surtout quand on boit du soda.

« On estime que chaque canette ou verre supplémentaire de boisson sucrée qu’ils [les enfants] consomment chaque jour augmente de 60% le risque d’obésité. »

Dr James : « ça a de nouveau déclenché une crise, parce que le ministre de la santé américain de l’époque s’est déplacé jusqu’à l’OMS pour dire que ce rapport raconté n’importe quoi, que le coca, le soda et le sucre n’étaient responsables d’aucun problème de santé. Dans mon milieu, s’occuper de l’alimentation c’est s’occuper de politique. Pourquoi ? Parce que la première industrie au monde c’est l’agroalimentaire, et si vous l’affrontez, ils essayent de vous flinguer. »

Et d’un autre côté, on a l’industrie agroalimentaire qui copine avec des médecins et chercheurs, les rémunère en échange d’études qui innocentent leur produits. Etudes par la suite soumis à des députés (eux même souvent soudoyés) afin qu’ils sortent des lois qui ne fassent pas défaut à leur chers produits chéri.

Lors d’une conférence sur le diabète, organisée par Kraft Food, le médecin nutritionniste Arnaud Cocaul s’est fait interviewer par Elise Lucet. Voilà un extrait de l’interview :

« Il y a des études qui montrent que chez les obèses, la consommation de sucre est moindre que chez les non obèses. Vous voyez ? Donc c’est pas forcément ça qui est responsable » […] « J’ai déjà participé à des débats avec Coca […] j’ai pas été payé directement par Coca ». Pas directement ? « c’est par des agences de communication etc »…

Puis cette discussion fut interrompue par Michel INFANTES, directeur de la nutrition Kraft Foods (2010 – 2012), qui n’appréciait pas cette conversation et les caméras.

Kraft Food, qu’est ce que c’est ? Aujourd’hui connu sous le nom de Mondelez International, c’est le deuxième acteur agroalimentaire mondial (hors boisson) après Nestlé. Ce groupe possède les marques Lu, Milka, Oreo, Malabar, Hollywood, etc.

C’est donc ce groupe qui a financé cette fameuse conférence sur le diabète. On a limite l’impression que c’est une blague. Mais tout est finement calculé, vous vous doutez bien. 

Pour influencer l’assemblée nationale, il faut être crédible. Une société comme Kraft Food tisse des liens avec des médecins nutritionnistes. Fort de cette crédibilité scientifique, il est alors possible de capter l’attention des députés en espérant obtenir une législation favorable.

Autre fait que l’on peut relever : le programme EPODE, Ensemble prévenons l’obésité des enfants, aujourd’hui rebaptisé VIF pour Vivons en forme. Ce programme a pour but d’aider les familles à modifier leur mode de vie alimentaire.

EPODE est financé au deux tiers par les marques Nestlé, Orangina Schweppes France, Ferrero et Kellogg’s. 

Selon le Pr James « De la part de l’industrie agroalimentaire, je considère que c’est une tactique de diversion très intelligente. Ça limite les risques de voir les politiques en Europe s’attaquait un jour à l’obésité infantile. C’est la meilleur méthode pour l’industrie de s’assurer qu’aucun pays ne prendra un jour des mesures contraignante en la matière parce que tout ce que vous avez à faire c’est d’aller dans les écoles, voir les mères et leur dire : « éduquez mieux vos enfants » c’est une manipulation classique de la part de l’industrie pour empêcher tout initiative gouvernemental de santé publique. »

Sources :

Cash Investigation – Sucre, comment l’industrie vous rend accro

Fed up en VOSFR, sur Netflix. Egalement sur Youtube

Un article sur e-marketing publié par Amelle Nebia

Doctissimo parle d’EPODE, aujourd’hui VIF

 

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